Nouvelles réflexions en ce beau début d’Octobre

Hey,

J’espère que tu vas bien.

Ce mois d’Octobre a démarré sur une belle énergie pour moi, avec un rendez-vous chez ma psy très bénéfique (encore un!), un grand tri dans mon « bureau » et mes affaires de créa, le démarrage du déblayage dans ma pièce en bazar récemment inondée et dans un état épouvantable et la confirmation des projets créatifs que je veux mener à bien pour ma boutique solidaire et mes ventes de Noël.

Chaque jour et chaque action que je vis ou entreprends amène son lot de réflexions plus ou moins philosophiques, d’une part parce que je suis quelqu’un de (trop) cérébral et que mon cerveau ne prend jamais de pause, d’autre part parce que je trouve fascinant de me sentir évoluer à travers le simple fait de vivre, de faire mon ménage ou de trier mes pinceaux…

Chaque nouvelle séance avec ma psy m’amène à mieux me comprendre, à faire preuve de plus de compassion et d’empathie envers moi-même, et ces dernières semaines j’observe vraiment une réelle différence dans mon comportement.

Même par rapport à cet été j’ai énormément évolué.

Du coup ces derniers jours j’apprends à accepter de nouvelles facettes de ma personnalité, que j’avais pour certaines carrément amputées, persuadée que cela faisait de moi quelqu’un de sombre ou de mauvais et du coup qui dit acceptation de nouvelles facettes de ma personne dit nouveaux raisonnements, envie et besoin de changements, comme si je faisais une mise à jour de ma vie en quelque sorte.

Samedi a été le théâtre d’un beau rafraîchissement dans ma pièce de vie.

Dans cette pièce se trouve notre lit et mon bureau, où je me trouve à 85-90% de mon temps libre, et samedi justement je me sentais à l’étroit, comme étouffée parce que l’atmosphère qui s’en dégageait ne me convenait plus.

Je suis la première surprise de cette évolution rapide de ma personne et je trouve que les changements commencent à être vraiment flagrants, en particulier physiquement.

Le retour des températures plus froide a eu raison de mes looks « sac à patate » de cet été, où je me planquais dans de grands vêtements informes pour dissimuler le moins de peau possible, quitte à mourir de chaud ou faire des malaises.

Septembre a accueilli ma métamorphose et c’est là que j’ai commencé à renouer avec l’une de ces facettes que j’avais étouffée en moi.

J’aime m’habiller et prendre soin de mon apparence.

Je suis sûre que beaucoup parmi vous vont se dire « c’est bien, c’est normal de vouloir être bien dans sa peau » et je suis tout à fait d’accord avec vous, sauf que moi dans mon esprit, aimer prendre soin de mon apparence et m’habiller rimait jusqu’à présent à être superficielle, vide et sans intérêt.

J’ai grandi avec la peur terrible d’être superficielle, narcissique et bête comme tous ces acteurs et actrices de télé-réalité, ou encore ces personnes qui ne pensent qu’au maquillage ou se dévorent des yeux dans un miroir.

La peur de la vanité et de la superficialité ont été de vrais traumatismes tout au long de mon éducation, et j’ai grandi dans une famille où tout ce qui touchait à la mise en valeur du corps était sévèrement méprisé.

Du coup durant de longues années je me suis battue entre ce goût naturel de soigner mon apparence et cet aspect plus léger de la vie en général, et cette peur presque panique d’être perçue, car il s’agit bien ici de la peur du regard de l’autre, comme quelqu’un de creux, sans consistance, insipide et superficielle.

C’est ainsi que je suis passée d’un extrême à l’autre, le combat faisant rage en moi, tantôt bien apprêtée et assez coquette -je suis moins portée sur le maquillage tout de même- a des tenues totalement dévalorisantes, des vêtements déchirés, troués, trop grands, informes, parce que je croyais que cela me rendrais plus humble et m’éloignerais de la vanité.

C’était peine perdue, puisqu’en amputant une part de moi-même, je me suis faite souffrir au-delà de l’imaginable.

Pour quelqu’un comme moi qui éprouve un profond désir de beauté dans tous les domaines de la vie, négliger ma propre apparence revient à mon sens à enlaidir un peu plus ce monde dans lequel nous vivons, et qui pourtant est déjà tellement entaché par la laideur de la face obscure de l’Homme.

J’ai appris à accepter ces derniers temps que je pouvais prendre soin de mon apparence sans en faire toute une histoire, sans me juger, sans avoir peur de ce que l’autre dirait, et qu’au contraire c’était quelque chose de très positif.

Prendre soin de soi, se faire du bien c’est une très belle façon de s’aimer.

Se sentir bien dans sa peau, dans ses vêtements, c’est important, bon pour le moral et l’estime de soi, et à mes yeux surtout cela permet de lâcher-prise et d’arrêter d’être justement toujours dans cette forme de nombrilisme, à se dire « je suis mal habillée, j’ai honte, je suis ridicule, moi moi moi… encore moi! ».

J’en parlais avec ma psy cet été, quel drôle de paradoxe!

Je ne veux surtout pas être narcissique et vaniteuse mais je passe mon temps à penser à moi, moi je personnellement en ce qui mon concerne, mon apparence, à ce que je porte, à ce que les gens pensent de moi et à la laideur de mon aspect physique… 😉

Ça m’a fait sourire, et puis j’ai pu passer à autre chose depuis.

Heureusement, car ce monologue intérieur et cette constante analyse critique et négative c’est tellement usant!

Je ne prétends pas être devenue ma meilleure amie depuis et il m’arrive encore de grimacer un peu quand je me déshabille ou quand je vois un bouton sur mon visage, mais je dirais que ma relation avec mon corps a positivement évolué, et que j’ai bien plus envie de prendre soin de lui et de lui offrir de beaux vêtements qu’il y a encore de cela quelques semaines.

Accepter d’aimer prendre soin de mon apparence et de bien m’habiller a été aussi un véritable point de départ d’une profonde remise en question mais surtout d’une grande peur de perdre de vue mes valeurs et le sens que je veux donner à ma vie, celui de préserver la vie et de mener une vie simple.

Comme si j’allais me métamorphoser en poupée Barbie sans cervelle du jour au lendemain, et oublier mon amour pour la nature ou l’écologie! La peur de la superficialité planait encore au-dessus de moi.

Ceci dit je trouve que ma remise en question était justifiée, car prôner la déconsommation tout en voulant bien s’habiller me semblait hautement paradoxal.

Parler d’écologie et aimer la mode aussi…

Et c’est là que je me suis rappelée de cette si juste notion d’équilibre, et que j’ai commencé à la mettre en pratique dans ma vie.

Accepter et combiner toutes les facettes de ma personnalité entre elles et parvenir à ce fameux équilibre est la clé de mon épanouissement.

Je peux très bien avoir de jolis vêtements de bonne qualité, en petite quantité, être bien habillée tout en restant simple et dans cette optique de déconsommation.

Mon idée n’est pas de faire du shopping tous les week-end ou d’avoir 300 paires de chaussures, loin de là, et c’est à partir de ces constats que mon esprit a pu s’apaiser.

Juste de pouvoir me sentir bien dans mes vêtements.

Une jolie robe éthique King Louie par exemple, de belles chaussures et une paire de collants sympa.

De jolis dessous pour le plaisir de me sentir féminine, un ou deux bijoux de bonne qualité.

Un petit peu de maquillage si j’en ai envie, sans contrainte.

Je n’ai pas envie ni besoin de plus que cela, alors aujourd’hui je peux souffler, mes envies « modesques » n’entacheront pas mon parcours de vie.

Je ne brûlerai pas en enfer parce que j’ai envie d’un joli sac ou d’une belle robe… (oui oui c’en était presque à ce point!)

La peur d’être creuse et vide se dissipe un peu plus chaque jour.

Tout est une question de mesure et d’ÉQUILIBRE.

Les extrêmes entraînent la souffrance et les dérives, la frustration, la tristesse, et la colère, toutes ces choses que je ne connais que trop bien et qui ont rythmé quasiment toute ma vie depuis ma plus tendre enfance.

Le rejet de soi est la pire forme de désamour que l’on puisse s’infliger.

Je repense à toutes les fois où je me suis scarifiée, en particulier sur les bras, juste pour dire à mon corps que je le détestais, à ma vie que je la haïssais mais que j’étais incapable de mourir, à ces fois où je me suis traitée de tous les noms, même à ces nombreuses fois où je tapais mon ventre ou pinçais mes cuisses, dégoûtée par les kilos en trop, même quand j’étais anorexique et qu’on pouvait voir des os en temps normal invisibles…

Aujourd’hui j’ai quelques cicatrices sur les bras, vestiges de ces terribles années de mal-être.

Il y a des jours où je voudrais les faire enlever car je me sens marquée au fer rouge par la souffrance, et voir ces cicatrices chaque jour me replonge avec une amertume profonde dans mes vieux souvenirs, et d’autres jours où je suis contente qu’elles soient là pour me rappeler d’où je viens et tout le chemin parcouru.

Ce ne sont pas de grosses cicatrices, elles sont « propres » et peu visibles, seulement de près.

J’ai l’impression pourtant d’en être recouverte, comme si la mort m’avait mâchée et recrachée des dizaines de fois en me disant « Ah non berk tu as trop le goût de la vie je ne veux pas de toi! » –oui ça part loin dans mon esprit désolée-.

Rester en vie. Survivre, portée par un espoir indescriptible en pleine tempête, toujours là avec moi.

Lâcher-prise puis commencer à vivre.

Apprendre à vivre, comme un jeune enfant qui découvre le monde, l’innocence en moins.

Je parle de cette facette là aujourd’hui mais il y en a d’autres, beaucoup d’autres que je commence à accepter depuis peu de temps, plus intimes et dont je ne parlerai pas ici car même si je parle de beaucoup de choses sur mon blog, j’ai mon jardin secret également, c’est important.

Aujourd’hui je trouve tout ça presque amusant car lorsque je me lève le matin, je sais que dorénavant j’ai de nouvelles facettes à satisfaire, alors j’organise mes journées différemment pour que chaque part de moi soit contente et satisfaite.

C’est presque devenu un jeu.

« Qui n’a pas eu sa petite attention du jour? » 🥰

À ce jour et suite à tous ces changements et réflexions, je n’ai rien rejeté de ma vie à part le propre rejet de moi-même, je n’ai tiré de trait sur aucun rêve, aucun projet, même si depuis quelques semaines j’ai confié à mon chéri que la vie en tiny house ne convenait plus à mes projets de vie.

Je veux toujours vivre dans un petit logement le plus écolo possible, mais j’accepte aujourd’hui d’avoir besoin de mon espace et d’avoir le droit de prendre ma place, comme tout le monde le mérite sur Terre.

J’accepte d’avoir des envies et des besoins, tout comme j’accepte de concilier tous les aspects de moi-même entre eux, en intégrant même mes parts les plus sombres.

J’ai été rassurée de pouvoir poser tous ce poids chez ma psy, rassurée de voir que je reste une belle personne engagée dans des projets de vie extrêmement précieux et importants à ce jour, soulagée de comprendre que la vie pouvait comporter une part de légèreté sans compromettre les choses du monde les plus sérieuses.

Et d’un autre côté je me dis que si nous vivions certains aspects de nos vies avec plus de légèreté, si nous faisions preuve de plus de détachement, de lâcher-prise et même d’autodérision, le monde ne se porterait-il pas mieux à ce jour?

La façon dont nous percevons le monde est le reflet de la relation que nous entretenons avec nous-même, la vie est le miroir de notre intériorité.

Le monde se porterait beaucoup mieux si nous trouvions la force et le courage de changer nos pensées, de ne plus nous flageller, nous frustrer et nous torturer pour des erreurs passées, des regrets, des secrets de famile ou des paroles blessantes.

Faisons-le pour nous, nous le méritons bien.

Pour nous puis pour les autres.

Mais uniquement dans ce sens-là.

Le monde se porterait beaucoup mieux si nous étions plus résilients, alors aujourd’hui je m’y emploie personnellement: avant de chercher à changer le monde, changeons-nous tout simplement, mais avec douceur, sans jugement.

Cet article totalement improvisé me plaît bien.

J’avais envie d’écrire, je ne savais pas trop sur quel sujet, mais il faut croire que j’ai été plus inspirée que ce que j’imaginais au départ.

Et toi, tu t’aimes comment? Combien?

😘

Coeur sur toi 💛

Image par Sanne Baan, van de de Pixabay

4 commentaires sur « Nouvelles réflexions en ce beau début d’Octobre »

  1. Oh non alors, ca ne me semble pas bizarre, j’ai clairement les meme blocages au fond de moi: si tu te fais belle, tu es stupide.
    J’essaie aussi de naviguer avec ca, avoir le droit de prendre soin de moi intellectuellement et physiquement… c’est un perpetuel apprentissage!

    Aimé par 1 personne

    1. Ça me rassure en quelque sorte de ne pas être la seule à penser ça, d’un autre côté ça me rends triste de voir que nous souffrons autant… Plein de courage pour ton chemin de vie 💜

      Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Lily
    Un bel écrit lucide et inspirant.
    Difficile pour les femmes d’accepter leur corps, et cela depuis leurs premières années de vie : porter du rose, faire de la danse, se faire percer les oreilles, être bien coiffé, avoir de jolis cheveux lisses, cacher ses petits boutons…
    Etre mince, sans cellulite, ni cicatrice, pas de poils..
    Notre vie de femme est en enfer, il faut bien le reconnaître. Entre les talons hauts, le maquillage, l’épilation… tout est une série de tortures.
    La vie serait tellement plus simple sans ces injonctions, émises par des critères masculins !!
    Le corps féminin est beau, il faudrait apprendre à aimer ses différences dès l’école.
    En tout cas, j’aime lire ce que tu écris, encore plus quand cela va dans le sens de l’acceptation de toi 👏💪🥰
    A bientôt Lily, prends soin de toi.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Véronique,
      Merci pour ton message.
      En effet la vie des femmes est compliquée au regard de cette société patriacarle et consumériste dans laquelle nous vivons mais il est de notre devoir de nous détacher de tout ça et de nous recentrer sur nous-même et sur nos vraies envies et nos vrais besoins.
      J’aime bien prendre soin de moi et mettre de jolis vêtements, mais c’est pour moi que je le fais.
      J’ai la chance d’avoir un chéri qui ne me met aucune pression sur mon physique et qui m’aime comme je suis, et déjà ça aide beaucoup.
      Si je perds ou prends du poids, si je m’épile ou non, je n’ai jamais de remarques et il me dit que je suis belle tous les jours, c’est précieux.
      Ce que je trouve assez ironique, c’est qu’on tolère beaucoup de « défauts » aux hommes comme une grosse bedaine ou de la calvitie alors qu’une femme est tout de suite jugée, mais bon je ne veux pas polémiquer car je suis pour le respect et la tolérance de tout le monde, de toutes les morphologies.
      Oui le corps féminin est beau, d’ailleurs je vais fabriquer des bougies de corps de femme plus tard. Pour l’instant je n’ai trouvé qu’un moule de femme ronde, les autres ne me plaisent pas trop donc je continue à chercher, mais je compte bien en mettre une en déco chez moi, pour montrer que tous les corps sont beaux, même les corps plus ronds.
      Gros bisous Véronique, à bientôt, et encore merci pour tes messages 💛

      J’aime

Prends la plume

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.